Le Conseil constitutionnel rejette l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de quinze ans
Les Sages ont jugé disproportionnée cette mesure de restriction d'accès aux plateformes numériques, tout en soulignant la nécessité de protéger les mineurs contre les dangers d'internet.
Le Conseil constitutionnel a rendu ce vendredi 14 août une décision marquante concernant la protection des jeunes sur internet. Les Sages ont censuré la loi qui prévoyait d'interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de quinze ans sans autorisation parentale. Cette décision remet en cause un texte qui visait à encadrer strictement l'activité numérique des plus jeunes dans les territoires français.
Une atteinte à la liberté d'expression
Pour justifier cette censure, le Conseil constitutionnel a mis en avant le principe fondamental de la liberté d'expression et de communication. Selon les magistrats, l'interdiction telle qu'elle était formulée constitue une atteinte disproportionnée à ces droits. Bien que l'objectif de protection des mineurs soit reconnu comme légitime par les Sages, ils considèrent que les moyens employés par le législateur dépassent ce qui est nécessaire pour assurer la sécurité des enfants en ligne.
Manque de garanties sur la vie privée
Outre la question de la liberté d'expression, la haute juridiction a soulevé des inquiétudes majeures concernant le droit au respect de la vie privée. Le Conseil estime que le texte de loi ne présentait pas de garanties légales suffisantes pour protéger les données personnelles des utilisateurs lors des processus de vérification de l'âge ou de l'autorité parentale. Cette absence de cadre sécurisé a pesé lourdement dans l'arbitrage rendu ce vendredi.
Le Conseil constitutionnel a rendu ce vendredi 14 août une décision marquante concernant la protection des jeunes sur internet.
Le législateur invité à retravailler sa copie
Cette décision ne signifie pas l'abandon de toute régulation, mais elle oblige le gouvernement et le Parlement à revoir leur approche. Le législateur devra désormais élaborer un nouveau dispositif qui concilie l'impératif de protection de l'enfance avec le respect des libertés publiques et de la confidentialité des échanges numériques. Pour les familles et les jeunes usagers des régions de France, le cadre actuel reste donc inchangé en attendant une éventuelle nouvelle proposition de loi conforme aux exigences constitutionnelles.
D’après Ouest-France.

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